Sciences & vie et médecines alternatives
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Médias et sciences

Dans le N°1168 de Janvier 2015, la revue « SCIENCE  & VIE » contient un article critique sur les médecines alternatives. Objectif, faire le point de « celles qui marchent » et « celles qui ne marchent pas » avec de nouveaux outils d’analyse. Car les auteurs en sont persuadés, les médecines  douces, traditionnelles ou alternatives… peuvent être désormais scientifiquement évaluées tout autant que n’importe quel médicament avec des contrôles cliniques adaptés. Le verdict est sans appel pour 8 médecines parallèles les plus connues : acupuncture, ostéopathie, chiropraxie, homéopathie, phytothérapie, réflexologie, hypnothérapie et magnétothérapies. En dehors de l’effet placebo, à part quelques rares exceptions signalées par quelques études, elles n’ont pratiquement aucune vertu thérapeutique.

Il est confirmé que les médecines non conventionnelles sont très nombreuses en France, 400 étant répertoriées comme largement utilisées par 40 % des Français. Que 16 CHU sur 29 proposent des consultations en médecines complémentaires. Que le marché des plantes médicinales est en forte croissance surtout pour les produits homéopathiques qui ont augmenté en Europe de 20 % entre 2003 et 2007….

L’acupuncture semble la moins pénalisée avec la phytothérapie. Une étude menée sur des cohortes de 200 à 1000 volontaires a montré que « si les effets de l’acupuncture sont apparemment parfois  supérieurs à ceux  d’une thérapie standard, ils étaient le plus souvent identiques, ou seulement très légèrement supérieurs, à ceux d’une acupuncture factice ! ». En outre, cette efficacité limitée est sans rapport avec ses préceptes. Quant à la phytothérapie, seulement une vingtaine de plantes auraient des vertus démontrées et seulement 6 avec des effets les plus probants. Il est rappelé que les extraits de plantes ne sont pas exempts d'effets secondaires ni même d’interactions médicamenteuses. L’auteur souligne qu’en Europe, les médicaments à base de plantes bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché allégée. Il suffit qu’un industriel apporte la preuve qu’une plante est utilisée pour ses vertus médicinales depuis au moins 30 ans dont 15 au sein de l’Union Européenne. « C’est pourquoi nous n’aurons probablement jamais la preuve formelle de l’efficacité d'un grand nombre de plantes » annonce l’auteur de l’article sans toutefois indiquer que cette situation scandaleuse est certainement due à l’influence du groupe de pression des fabricants de plantes médicinales et des phytothérapeutes.

Pour l’homéopathie, tous les contrôles ne montrent qu’un effet placebo. L’ostéopathie manquerait d’une vraie évaluation scientifique. Des essais auraient confirmé l’efficacité de la chiropraxie contre le mal de dos. Toutefois, un coauteur de l’INSERM, Caroline Barry, conclut que «…dans le doute, et au vu de la non supériorité de la chiropratique sur les autres traitements possibles, le rapport bénéfice/risques me semble défavorable ». La réflexologie est considérée comme « inutile dans la plupart des cas » et les magnétothérapies ne bénéficient d’aucune preuve. L’hypnose permettrait surtout de mieux supporter les douleurs peu intenses avec des niveaux de preuve de bon a moyen.

Cette étude mérite d’être signalée bien que nous émettons quelques réserves sur certaines affirmations sans qu’elles ne portent préjudice sur le fond de l’analyse des médecines alternatives et complémentaires. De nos jours, rares sont les revues qui osent s’aventurer à contre courant dans ce domaine à partir d’une argumentation scientifique.

AFIS Marseille & Provence

Pour en savoir plus :

- N° 311 de la revue AFIS (janvier 2015) Chapitre « La vérité sur l’acupuncture »

- Médecines douces : info ou intox ? Simon Singh et Edzard Ernst - Édition Cassini 2014 - 407 pages, 22€

Une étude critique sur les médecines alternatives et complémentaires parue dans la revue SCIENCE & VIE