Huiles essentielles et traitement des cancers
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Huiles essentielles et traitement des cancers

Nous avons découvert un site internet spécialisé sur les huiles essentielles et le traitement complémentaire des cancers géré par une association ayant son siège social à Aix en Provence. Ce site contient un appel à l’adhésion à l’association et le versement de dons qui seraient destinés à la recherche en aromathérapie. La manière dont le site est construit et les arguments présentés ont attiré notre attention, d’autant que ce site ne présente aucun compte rendu financier sur l’utilisation des fonds recueillis. Quant aux préparations à base d’huiles essentielles utilisées comme thérapeutique d’accompagnement des traitements conventionnels en cancérologie, nous estimons qu’elles répondent à la définition de médicaments par fonction énoncée à l’art L.5111-1 du code de la santé publique et qu’elles doivent faire l’objet de toutes les études nécessaires afin de déterminer les bénéfices/risques avant d’être mises sur le marché.


L’ADRHE (Aide au Développement de la Recherche sur les Huiles Eessentielles) a été créée en 2009 et son nom (Association Ravintsara) modifié et publié au J.O. en mars 2013. Cette association a pour objet : « soutien, développement et promotion de la recherche sur l’apport complémentaire des huiles essentielles et autres thérapies naturelles en oncologie ». Son site internet est accessible à cet endroit : http://www.adrhe.fr/.


Le Dr Anne Marie GIRAUD-ROBERT, médecin généraliste homéopathe ayant son cabinet à Aix en Provence, est « coordinatrice » de cette association, tel que précisé sur la plaquette de présentation également accessible sur le site internet de l’ADRHE. Le 20-1-2014, date de rédaction de notre article, il est indiqué que l’association est présidée par Mme Corine SIMONI sans autre indication sur ses qualifications et niveau d'étude.


Le Dr A.M. GIRAUD aurait effectué des recherches sur les propriétés des huiles essentielles en cancérologie. Elle a ses entrées à l’Institut Paoli Calmette de Marseille où elle a participé le 22-12-2012 à un colloque sur les recours non conventionnels en cancérologie (1). Elle a assisté à un rassemblement de l’APSAMED où le Dr Jean-Bruno Meric, psychiatre à Sisteron et président d’honneur de cette même association, a présenté une communication « De la loi de la sauvegarde à la Delphinothérapie, une nouvelle façon de comprendre et soigner l’autisme infantile » (2) (a). On retrouve le Dr A.M. GIRAUD dans un film de Marie MAUDY victime d’un cancer du sein « Mes deux seins, journal d’une guérison » où l’on découvre une femme qui recherche l’origine du mal qui la ronge, pratique les recettes de David Servan-Schreiber et avale précieusement, comme elle le dit elle-même, les petites gouttes d’huiles essentielles du Dr GIRAUD (3). Le Dr A.M. GIRAUD a aussi organisé quelques conférences et participé à des rassemblements comme le congrès de phyto-aromathérapie du 14-15 septembre 2002 organisé à Aix en Provence (4).


Dans la page d’accueil du site internet de l’ADRHE, un onglet renvoie sur une présentation des Médecines Alternatives Complémentaires avec l’argumentation traditionnelle que l’on rencontre un peu partout sur internet pour justifier leur introduction en milieu hospitalier. Il est précisé dans une page du site internet : « Cependant, même si des résultats encourageants ont pu être observés chez  de nombreux patients, les données actuelles ne sont pas suffisamment complètes pour déterminer de façon précise la place de l’aromathérapie dans le traitement des cancers. ». C’est l’aveu implicite que cette thérapie non conventionnelle manque de preuves scientifiques.


Rappelons que les études cliniques en aromathérapie sont rares et quand elles existent, elles sont souvent entachées d’erreurs méthodologiques fréquentes dans les études de médecine alternative. Le défaut le plus connu étant la taille insuffisante des personnes recrutées dans l’étude et l’absence d’essai randomisé en double aveugle. Elles sont prescrites dans certains centres hospitaliers pour améliorer le confort (diminution de l’anxiété, bains, massages, diffusions dans l’atmosphère en vue d’une désodorisation, stimulation de l’appétit …) ou accompagner des soins palliatifs.


a)    La delphinothérapie est une zoothérapie qui utilise comme animaux associés les dauphins qui auraient la capacité de détecter certaines pathologies avec leur sonar, voire de les guérir. En 1998 et en 2007, deux scientifiques, Marino Lori (ancien maître de conférences à l'Université Emory) et Lilienfield Scott (Pr E mory University, Atlanta), ont dénoncé la piètre qualité de la recherche sur les bienfaits thérapeutiques des dauphins sur les enfants autistiques.

  


Des procédés de présentation qui nous interpellent

Il est précisé sur la page d’accueil du site de l’ADRHE que « La recherche fondamentale ainsi que la recherche clinique doivent continuer pour que l’aromathérapie trouve sa place en tant que thérapeutique complémentaire pour le bien des personnes qui affrontent la maladie ». Pourquoi demander de ne pas interrompre les recherches fondamentale et clinique pour que l’aromathérapie trouve sa place à leurs côtés ? L’auteur veut-il signifier que la recherche en aromathérapie a autant d’importance que les recherches officielles fondamentale et clinique ?


Un onglet ayant pour nom « Recherche » donne accès à plusieurs pages développant les différentes formes de la recherche médicale officielle (fondamentale et clinique, lieux de recherche, financement…) puis une dernière page est consacrée aux recherches sur les huiles essentielles. Si l’objectif de l’ADRHE est d’aider « la recherche sur l’apport complémentaire des huiles essentielles et autres thérapies naturelles en oncologie », pourquoi publier des pages entières sur la recherche fondamentale et clinique avec leur mode de financement en rappelant notamment le rôle des associations caritatives ? Il est évident que ce mode de présentation a pour objectif de labelliser les recherches en aromathérapie. Mais il n’est pas signalé qu’à l’inverse de  la fondation ARC ou de la LNC signalés dans une des pages du site internet, l’ADRHE n’est pas reconnue comme une association d’utilité publique.

On retrouve le même procédé de présentation dans la plaquette de l’ADRHE. La recherche aromatique en cancérologie, la recherche fondamentale, et la recherche clinique, sont brièvement décrites sur la même page l’une après l’autre se terminant par ce slogan « Grâce à votre générosité, la recherche avance. Elle représente le seul espoir pour que ces nouvelles thérapies soient reconnues et soient accessibles à un plus grand nombre de malades atteints de cancer VOTRE SOUTIEN EST CRUCIAL». Signaler que « la recherche avance », c’est reprendre à quelques mots près un thème de la Fondation ARC : « La recherche sur le cancer avance » figurant sur son site internet à cet endroit : http://www.fondation-arc.org/La-recherche/la-recherche-sur-le-cancer-avance.html



Aucun compte rendu financier sur l’utilisation des fonds ne figure sur le site internet 


Il n’y a rien de précis sur le site de l’ADRHE ni sur la plaquette de présentation, permettant de connaître la nature des recherches prises en charge par l’association et comment elles ont été financées. Il n’y a pas de compte rendu financier sur l’utilisation des fonds recueillis. Pas de bilan, pas d’informations sur le montant des sommes allouées aux projets brièvement décrits… Une seule bourse aurait été attribuée en  2010, renouvelée en 2011 puis en 2012, mais on ne sait pas quel est son montant, à qui elle a été attribuée et pour quelle raison. Une question bien légitime quand on constate que le Dr A. M. GIRAUD est inconnue dans les bibliothèques en ligne de publications scientifiques en biologie et en médecine comme pubmed et refdoc. Il est quand même fait allusion à des travaux de recherche sans autre précision qui auraient été réalisés en 2013 avec le CNRS et la faculté de pharmacie de Marseille. Il est indiqué que « Ces travaux ont fait l’objet de demandes de publications dans des revues  scientifiques internationales non payantes ». Qu’est devenu ce projet ? Si la publication a été acceptée par l’une de ces revues, pourquoi ne pas l’indiquer sur le site internet ? Des informations bien légères comparées à celles fournies sur les sites internet de l’ARC ou de la LNC destinées à leurs donateurs.


Il est aussi précisé qu’une étude statistique aurait été réalisée « par le docteur Bertrand Nalpas, médecin statisticien, membre du comité scientifique d’ADRHE, durant l’année 2013 sur une  analyse d’un fichier de patients ayant  eu un cancer accompagné d’un traitement adjuvant d’huiles essentielles » ; Cette étude porterait « sur plus de 3300 patients  traités entre 1998 et 2013 ». Cette analyse, de part sa méthode est très contestable en raison de nombreux biais, les seules études reconnues de nos jours par la communauté scientifique étant celles qui sont évaluées par des contrôles cliniques randomisés en double aveugle. Il est précisé que « Les résultats de cette  étude statistique donneront lieu à des livres en 2014 ». A la date où sont écrites ces lignes (12-1-2015),  quels sont ces livres ? D’ailleurs un livre destiné au public n’est jamais un document scientifique authentique reconnu pour être signalé dans une bibliothèque en ligne comme pubmed.

 

En 2013, en fonction des informations figurant sur le site, il y avait 1401 adhérents à l’association ADRHE. L’adhésion étant de 30€ par personne, cette association aurait encaissé sans les dons et la vente des DVD dont on ignore le montant des recettes, un pactole de : 42030 €. (Pour 2014, rien n’est indiqué sur le site internet). A cette somme il faut aussi ajouter les recettes du concert de gospel qui eut lieu le 22-6-2014 au profit de l’ADRHE, d’un colloque (40 € par personne, 30€ tarif groupe à partir de 4p, 10€ pour les étudiants) qui eut lieu le 14-11-2014. Sur le site internet de l’ADRHE, rien n’est indiqué sur le montant des recettes apportées par ces différentes manifestations.


L’ADRHE n’est pas connue dans la base de données du « comité de la charte du don en confiance » (5). Ce comité délivre une marque aux associations qui respectent des règles de déontologie et acceptent de se soumettre à des contrôles continus. (La Fondation ARC pour la recherche sur le cancer et la Ligue Nationale contre le Cancer y figurent et la marque du comité de la charte est visible sur leur site internet). Il est précisé sur le site internet de ce comité de la charte que « les 4 champs du contrôle continu exercé par les contrôleurs du Comité sont le fonctionnement  statutaire et la gestion désintéressée, la rigueur de la gestion, la qualité de la communication et des actions de collecte de fonds et de transparence financière; »


Nous estimons qu’il n’est pas très prudent de verser des dons à une association quand elle ne publie sur son site internet aucun compte rendu financier sur l’utilisation des fonds qu’elle recueille surtout si elle n’est pas connue du comité de la charte du don en confiance. La France a déjà connu une escroquerie d’ampleur sans précédente affectant le secteur du financement de la recherche cancérologie par des dons.  En juin 2000 Jacques Crozemarie, ex président de l’ARC, a été reconnu coupable d’abus de confiance et abus de biens sociaux. 27 % seulement des sommes collectées par 3,5 millions de donateurs allaient à la recherche. Jacques Crozemarie a été condamné à quatre ans de prison ferme, 2,5 millions de francs d'amende, et 200 millions de francs de dommages et intérêts à verser à l'ARC. Depuis cette affaire, l’ARC, comme la Ligue Nationale contre le Cancer, publie tous les ans sur son site internet un compte rendu sur l’utilisation des dons qu’elle perçoit. Pour la LNC ces informations sont accessibles à cet endroit : http://www.ligue-cancer.net/tout-sur-la-ligue/nos-comptes et pour l’ARC à cet endroit : http://www.fondation-arc.org/Mieux-nous-connaitre/nos-comptes.html


Un comité scientifique très hétéroclite

On retrouve des personnages appartenant à la mouvance des médecines non conventionnelles. Le Dr Jean Lionel BAGOT qui a écrit un livre « cancer et homéopathie », Patrick COLLIN enseignant au DUMENAT (Département Universitaire de Médecines Naturelles Paris-XIII) qui serait en voie de fermeture selon Wikipédia. Quant au Dr Clare GUILLEMIN-MUNDAY, elle est membre avec le Pr JOYEUX dont on connaît son attirance pour les médecines parallèles  (6), et le Pr Pierre-Marie MARTIN, du comité d’honneur. Le Pr Pierre-Marie MARTIN a reçu récemment le prix monégasque Albert 1er pour son travail intitulé : « Les récepteurs hormonaux dans le cancer du sein » (19) et il côtoie dans le comité de soutien le Dr Clare GUILLEMIN qui prétend sur son site internet être formée en médecines énergétique, chamanique et quantique et organiser des cours sur le pendule, la méditation et la médiumnité (communication avec les esprits) (7). Comment peut-on croire qu’on est en présence d’un comité scientifique quand on découvre sur le site de l’ADRHE, que les huiles essentielles ont aussi une action mystique décrite comme « vibratoire » avec une allusion à l’électricité. Voici ce qui est écrit : « L’action des huiles essentielles se fait d’une part par l’action pharmacologique des différentes molécules aromatiques mais aussi par son action vibratoire. En effet chaque huile essentielle induit (comme dans un système électrique)  des vibrations internes, revitalise et bouscule l’ensemble des cellules du corps humain. L’aromathérapie se situe donc au cœur des médecines dites de « terrain » puisqu’elle  agit directement en augmentant la force vitale, permettant ainsi le renforcement des immunités naturelles. ». Cette interprétation pseudoscientifique a même été présentée dans un article du journal « le Parisien » le 21-12-2012  (8) :


Des préparations d’huiles essentielles prescrites comme des médicaments 


Il est précisé que les préparations d’huiles essentielles sont prescrites comme des soins de support à tous les stades de la maladie cancéreuse. Mais, à la lecture de leurs propriétés thérapeutiques figurant sur le site internet, il ne s’agit pas seulement d’un traitement de confort. Si elles ont pour objectif de réduire les effets secondaires des traitements, elles permettraient aussi de stimuler des défenses immunitaires, de potentialiser certaines chimiothérapies, d’induire l’apoptose des cellules cancéreuses et d’inhiber l’angiogenèse. On est donc bien en présence de concentrations d’extraits de plantes ayant des propriétés pharmacologiques qui dépassent le cadre d’un usage traditionnel des médicaments à base de plantes selon la directive européenne de 2004 (2004/24/CE). D’ailleurs, ces préparations d’huiles essentielles n’apparaissent pas dans la liste des médicaments de médication officinale à base de plantes de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANMS). Leurs propriétés annoncées ne sont pas non plus en conformité avec la liste des indications acceptées pour une mise devant le comptoir établi par l’ANMS  (9). Il est évident que les huiles essentielles telles qu’elles sont prescrites en cancérologie, répondent à la définition de médicaments par fonction énoncée à l’art L.5111-1 du code de la santé publique. Des médicaments qui devraient faire l’objet d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) par l’ANMS après vérification des bénéfices/risques.


Article L.5111-1 du code de la santé publique.


On entend par médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être administrée, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique.


Sur une page du site de l’ADRHE dénommé « La recherche en Aromathérapie en cancérologie », après avoir fait un inventaire d’études expérimentales qu’il faudrait encore engager sur les huiles essentielles, comme pour tous les autres médicaments, il n’est pas indiqué qu’il faut aussi effectuer des essais cliniques afin de recenser tous les effets indésirables avant qu’elles soient mises sur le marché (c’est notamment l’objectif de la phase III des essais cliniques). La définition d’un profil de tolérance est seulement évoquée d’une manière générale sur une autre page traitant des objectifs des différentes phases de la recherche clinique.


Un traitement de support réalisé à base de concentrations de substances végétales n’est pas exempt d’effets secondaires possibles qu’il faudrait vérifier. Par exemple, des huiles essentielles auraient des propriétés antalgiques sur les douleurs osseuses des femmes atteintes d'un cancer du sein traité en hormonothérapie probablement suite à leurs propriétés anti-inflammatoires. Comme pour tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), il faudrait vérifier leur impact au niveau hépatique et sur le système cardio vasculaire surtout quand elles sont prescrites sur le long terme. Il faut aussi définir toutes les interactions possibles avec d’autres médicaments et vérifier si l’on ne retrouve pas les incompatibilités connues des AINS avec certaines maladies comme l’hypertension artérielle, les maladies des reins et du foie... Personne ne peut prétendre qu’un médicament non homologué ayant des propriétés inflammatoires et destiné à potentialiser les traitements conventionnels des cancers, ne présente aucun risque tant que tous les contrôles ne sont pas faits par des essais cliniques.


Pourquoi les témoignages individuels sont peu crédibles !


Sur le site internet de l’ADRHE, il n’est pas indiqué de publication scientifique du Dr A. M. GIRAUD ou d’un autre chercheur, validant ces traitements anticancéreux par des essais cliniques publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture et référencés dans pubmed. Son site ne contient que des témoignages individuels dont on sait qu’ils n’ont pratiquement aucune valeur scientifique. Aucun témoignage personnel ne peut remplacer des études réalisées dans des normes sécuritaires définies et reconnues de nos jours par la communauté scientifique. Tout témoignage, même s'il est véridique et honnête, peut être biaisé ne serait-ce que par la puissance de l’effet placebo. Cette remarque est d’autant plus évidente quand on sait que n’importe quel charlatan prescrivant des traitements les plus grotesques est capable de présenter des témoins satisfaits de ses services.


Des études statistiques entreprises à partir d’un fichier de clients ne sont pas non plus reconnues par la communauté scientifique comme une méthode fiable. Il est pratiquement impossible de faire la part des huiles essentielles dans le résultat obtenu par rapport aux traitements conventionnels. Il y a longtemps que la recherche médicale est sortie de cette pratique moyenâgeuse en raison de nombreux biais possibles faussant l’interprétation des résultats. Parmi ces biais, il y a bien entendu la difficulté de suivre chaque malade surtout quand on perd sa trace. Le spécialiste dispose d’informations acceptables tant que le patient est en vie et continue à fréquenter son cabinet. Comment sont alors traités dans les études statistiques les patients dont on ignore ce qu’ils sont devenus notamment quand ils demeurent loin du cabinet du spécialiste ? Sont-ils ignorés ? Comment mesurer l’impact de l’effet placebo sans essai clinique randomisé en double aveugle ? Quelle garantie dispose-t-on alors sur la crédibilité d’études effectuées à partir de témoignages surtout quand elles ne sont pas soumises à la vérification d’un groupe d’experts indépendants appartenant à un comité de lecture d’une presse scientifique internationale ? Faire des comparaisons avec d’autres études qui n’ont pas été réalisées de la même manière, surtout quand il n’y a pas de groupe de témoins recruté par le chercheur indépendant, pose aussi de sérieux problèmes de crédibilité.

Voici un autre biais qui fausse les conclusions de toute étude qui ne tient pas compte des différentes formes d’évolution possible d’un même type de cancer qui varient d’une personne à une autre. Quand un cancer métastasé, pour citer un exemple, a une durée moyenne de survie de 2 ans, cela veut dire également que dans l’échantillon étudié, une petite minorité de malades connaîtra une durée de vie plus réduite, et d’autres un processus inverse. Il existe donc un pic qui correspond à une moyenne de survie pour la grande majorité des cas. Mais cette courbe de survie a une forme asymétrique découverte par Gould. La médiane qui correspond aux survies les plus longues est plus étirée que celle reflétant les survies plus courtes. Elle peut même se prolonger considérablement pour un nombre très réduit de personnes avec des périodes de rémission assez longues. Si entre-temps, ces dernières personnes prennent un médicament présenté comme miraculeux, elles considéreront alors que ce médicament est efficace alors qu’il n’est pour rien dans l’évolution favorable de la maladie. Bien entendu, ceux qui pratiquent des traitements douteux recherchent de tels témoignages pour les monter en épingle. Et ils arriveront toujours à en trouver surtout quand ils ont une grosse clientèle.


Un impact factor très largement insuffisant


Sur le site internet Eso-pages.com (10), il est précisé dans une page datée du 3-3-2014 publiée par Julien Hardy, magnétiseur à Montréal se signalant comme « conseiller en aromathérapie médicale, praticien reiki certifié », que le Dr A.M. GIRAUD aurait présenté des communications scientifiques lors de conférences organisées par le  Pacific Institute of Aromatherapy. Ces communications ne sont pas vérifiées par de pairs et ne sont pas des documents scientifiques authentiques et elles ne sont  pas référencées dans pubmed. On est loin des publications scientifiques reconnues qui valident la progression dans les activités de recherche et d'enseignement, publiées dans des revues spécialisées internationales dotées d'un comité de lecture composé de spécialistes reconnus. L'évaluation d’une étude par des pairs est depuis longtemps devenue un principe fondamental de la recherche scientifique garantissant ainsi sa crédibilité. Cette évaluation est indispensable pour dénicher notamment les erreurs et biais possibles, voire les tricheries.



Quelques remarques sur les huiles essentielles utilisées en cancérologie

Le cocktail est souvent composé d’huiles essentielles qui auraient un effet synergétique. Les HE de ravintsara aromatica de Ledum groenlandicum et de l’Helichrysum italicum, sont souvent prescrits comme le montre le film de Marie MAUDY « Mes deux seins, journal d’une guérison ». Ces huiles essentielles sont introduites par les patients dans des capsules. Elles sont donc préparées dans des conditions de sécurité insuffisamment contrôlée avec des risques d’erreur de dosage, de contaminations microbiennes ou d’altération des produits mal conservés. Il est pourtant connu que les huiles essentielles sont rapidement sujettes à  l’auto-oxydation.


Ces huiles essentielles sont ainsi prises par voie orale. Or, tous les aromathérapeutes sont d’accord sur le principe que d’une manière générale, la prescription par voie orale des huiles essentielles doit rester limitée. Sur certains sites internet, il est vivement déconseillé de prendre l’hélichryse italienne par la voie orale en raison de sa teneur élevée en cétones qui s’avère neurotoxique et abortive. Ainsi, en aromathérapie, beaucoup d’aromathérapeutes mélangent l’huile essentielle d’hélichryse avec un ou plusieurs excipients avant l’application cutanée. Pour les mêmes raisons, la durée du massage à l’huile essentielle d’hélichryse ne devrait pas excéder une demi-heure en raison de ses effets neurotoxiques  (11 12 13 14). Dans un forum d’herboristes, il est précisé que cette plante ne doit ni être ingérée ni utilisée en inhalation (15). Alors, n’est-il pas inquiétant d’avaler des capsules contenant de l’huile essentielle d’hélichryse durant 6 mois renouvelable ? Pourtant, dans la page de l’ADRHE traitant des précautions à prendre, il est bien précisé que les huiles essentielles riches en cétone sont neurotoxiques et abortives, mais l’hélichryse n’est pas citée !!! Il faut bien convenir que dans la galaxie des aromathérapeutes, chacun professe sa cuisine à sa guise ; une situation inévitable vu l’absence d’essais cliniques effectuées dans des normes sécuritaires destinés à préciser la posologie optimale et les bénéfices/risques.


Suite aux 30èmes rencontres des Médecines Alternatives et Complémentaires qui se sont tenues  à l’hôpital Tenon,, un docteur fait part de sa longue expérience avec le Dr A. M. GIRAUD dans une page du site internet Passeportsanté.net (16. Le Dr A. M. GIRAUD est présenté comme « oncologue à Aix en Provence et qui utiliserait certaines huiles essentielles dans certaines radiodermites (stades 1 et 2) ». Il est précisé que «La tolérance est très bonne, l’effet antalgique immédiat ». L’huile essentielle de melaleuca alternifolia serait radioprotectrice. L’huile essentielle de  melaluca quinquinervia (plus connus sous le nom de niaouli) et l’huile essentielle de lavandula vera diluées dans des huiles végétales de millepertuis ou de calophylle ou dans du gel d’Aloé Vera seraient également utilisées. Il est également précisé que « Le derme exposé à la radiothérapie doit toujours être sec (pas d’huile, ni de crème, etc...) ».


Mais si ces huiles essentielles sont radioprotectrices sur les cellules saines de la peau, qu’en est-il des cellules cancéreuses situées derrière la peau que l’on tente de détruire même si le traitement est appliqué après exposition ? Il est pourtant connu que les huiles essentielles, en raison de leur bas poids moléculaire, passent très facilement les barrières cutanées. Si ces huiles essentielles avaient surtout une action locale protégeant les cellules saines, il est important de vérifier si, entraînées par la circulation sanguine, elles ne se retrouvent pas dans les tumeurs en quantité suffisante atténuant les effets de la radiothérapie (les effets de la radiothérapie sur les cellules saines et cancéreuses les entraînant vers l’apoptose continuent après l’exposition). Des tumeurs qui sont souvent très proches du lieu d’exposition aux radiations. Personne ne peut prétendre la main sur le cœur que ces huiles essentielles radioprotectrices ne réduiraient pas les effets de la radiothérapie sur les cellules cancéreuses sans contrôles rigoureux qui le vérifient.


Une page du site de l’ADRHE contient quelques références biographiques relatives aux propriétés des huiles essentielles en cancérologie constatées par des études in vitro et in vivo. Mais il existe aussi des études non signalées sur le site de l’ADRHE qui démontrent que certaines huiles essentielles ou certains de leurs constituants, sont génotoxiques et cancérigènes. Ces études peu nombreuses et qui ne sont pas terminées, ont principalement été effectuées par le National toxicology program américain. Elles ont été signalées récemment lors d’une conférence sur la toxicité des huiles essentielles organisée par le centre anti-poisons de Nancy en nov 2013 (17)). Les effets génotoxiques ont été mis en évidence à travers des tests d’Ames (I) ou d’UDS (II). Des phénomènes de cancérogenèse ont également été démontrés. Même s’il n’y a pas à ce jour d’éléments définis qui permettent d’affirmer que certaines huiles essentielles ou composés d’huiles essentielles sont cancérigènes chez l’homme, ces tests démontrent qu’il faut être très prudent et que l’on ne peut se fier à quelques expérimentations favorables sélectionnées pour tenter de crédibiliser une thérapie non conventionnelle.

 I)Tests d’Ames : tests biologiques réalisés sur des bactéries mutagènes de Salmonella typhimurium destinés destiné à évaluer le potentiel cancérigène d’une substance.

 II)Tests UDS (Essai de synthèse non programmée de l'ADN) est une méthode d'identification des substances qui induisent la réparation de l'ADN après excision et élimination d'un segment d'ADN contenant la région endommagée par un agent physique ou chimique.

La toxicité des huiles essentielles n’est pas à prendre à la légère. L’exploitation des données du centre antipoisons de Nancy montre depuis quelques années une augmentation significative du nombre de cas d’expositions aux huiles essentielles (multipliés par 5 depuis 2006 (17)). Ces intoxications s’expliquent surtout par une mauvaise utilisation des huiles essentielles à l’origine de laquelle on trouve des informations erronées contenues dans des livres, des revues ou glanées sur internet, voire par des prescriptions de thérapeutes. La plus grande incidence des cas d’intoxications concerne les adultes de plus de 20 ans probablement en rapport avec la médiatisation récente des huiles essentielles et l’expansion des médecines dites « naturelles ».


Par rapport aux firmes pharmaceutiques qui produisent les médicaments homologués, les pratiques commerciales des entreprises qui fabriquent ces huiles essentielles ne sont guère plus honorables. Il serait bien naïf de prendre pour argent comptant tout ce qui est prétendu dans l’argumentaire accompagnant leurs huiles essentielles quand on sait qu’il n’y a pratiquement pas de preuves établies par des essais cliniques. Des industriels font même passer les huiles essentielles en compléments alimentaires, par exemple sous forme de capsules aromatiques afin d’échapper à la réglementation qui est amenée à évoluer dans les années à venir. Dans une décision datée du 11 avril 2014, l’ANSM a suspendu la fabrication et la mise sur le marché des produits des sociétés Dalphy France et Dynaflore qui produisaient également des huiles essentielles. Ces deux sociétés ont fait l’objet d’enquêtes de l’ANSM, qui ont mis au jour de nombreuses irrégularités et la vente de produits à base de plantes médicinales interdits en France (18).

Les principes de biodisponibilité ignorés 

Il existe effectivement dans pubmed quelques études in vivo et in vitro intéressantes sur les propriétés anticancéreuses de certaines huiles essentielles. Quelle que soit la qualité de ces études, leurs conclusions ne sont jamais transposables à l’homme. Les notions fondamentales de la biodisponibilité des substances actives, les différences de réponses rencontrées entre les animaux de laboratoire et l’homme, ne sont jamais signalées sur le site de l’ADRHE. Cet oubli n’est pas innocent. Il permet de crédibiliser la prescription de traitements à base d’huiles essentielles avant qu’ils n’aient subi tous les tests de sécurité nécessaires. De telles méthodes sont de plus en plus utilisées de nos jours pour défendre d’autres traitements de médecines alternatives et de pratiques douteuses.


Bien entendu, il est difficile pour un chercheur isolé d’effectuer des études sérieuses sur la biodisponibilité de ses médicaments sans faire appel à des études cliniques randomisées en double aveugle conduites dans des établissements spécialisés. Sans ces études indispensables, un accident grave n’est jamais exclu qui peut même se révéler des années plus tard si ses propriétés toxiques ont été sous-estimées.


Par rapport aux animaux de laboratoire, les médicaments n’agissent pas de la même manière chez l’homme notamment en raison de leur biodisponibilité différente. Certaines enzymes des voies de métabolisme du médicament sont soumises à des différences génétiques qui peuvent modifier leur activité métabolique. D’une espèce à une autre, les émonctoires n’agissent pas de la même manière et peuvent éliminer un médicament plus rapidement, ou l’inverse. Ainsi il n’est pas rare qu’un médicament qui se révélait prometteur dans des expérimentations in vivo et in vitro ne montre aucun intérêt lors d’essais cliniques sur l’homme. Il peut aussi arriver qu’un médicament se révèle plus toxique que prévu.


La biodisponibilité décrit une propriété pharmacocinétique des médicaments à savoir, son aptitude à libérer son ou ses principes actifs à partir de la forme pharmaceutique et la quantité absorbée. La biodisponibilité se définit aussi comme étant la fraction de la dose de médicament administré qui se retrouve dans la circulation générale et la vitesse à laquelle elle l’atteint. L’étude de la biodisponibilité est un outil essentiel en pharmacocinétique, car elle permet d’optimiser le calcul des doses pour les voies d’administration hors intraveineuse.


Plusieurs facteurs influencent la biodisponibilité d’un médicament surtout quand il est administré par voie orale. Les modifications chimiques liées à l’absorption intestinale, de l’effet de premier passage hépatique sous l’influence d’inhibiteur ou d’inducteur enzymatiques, l’activité des transporteurs d’efflux, les interactions avec certains aliments, comment les médicaments sont éliminés de l’organisme… sont autant de facteurs qui interviennent sur la biodisponibilité. La quantité du médicament qui atteint l’organe cible par la circulation générale est fonction de la quantité absorbée par l’épithélium digestif, mais aussi par d’autres processus d’élimination comme le métabolisme au niveau des entérocytes, le captage hépatique surtout quand le médicament a une forte affinité pour les hépatocytes. La plus part des molécules sont éliminées par les voies urinaires. Le foie participe aussi à l’excrétion des médicaments hors de l’organisme par le biais du système biliaire. Se retrouvant dans la lumière intestinale, le médicament peut être réabsorbé. Ce cycle entéro-hépatique varie d’une espèce à une autre et dans chaque espèce d’un individu à un autre.


Avant la commercialisation d’un médicament, il faut connaître sa biodisponibilité relative en rapport à sa forme galénique (comment sont mélangés le principe actif et les excipients) qui a aussi son importance.

Sur les risques potentiels de toxicité de tout médicament n’ayant pas fait l’objet de toutes les études nécessaires avant d’être mis sur le marché.


Non seulement, un médicament pour être homologué doit faire l’objet de nombreux essais cliniques afin de déterminer le rapport bénéfices/risques, il faut aussi qu’il fasse l’objet de contrôles permanents après son introduction sur le marché. Comment un chercheur indépendant peut-il réaliser de tels contrôles ?  Comment peut-il affirmer qu’il ne met pas en danger ses clients ? Ces tests sont pourtant nécessaires attestés par des événements récents dont nous citons deux exemples.


Présent dans toutes les armoires à pharmacie, le paracétamol est le médicament le plus prescrit en France se trouvant dans de nombreuses préparations pharmaceutiques. Mais il n’est pas anodin ; il peut se révéler redoutable pour le foie. En 2011, en France, le paracétamol était considéré comme la première cause de greffe de foie pour hépatite fulminante suite à des surdosages. En 2011, la dose maximale journalière de paracétamol était encore de 4 gr et il était admis que cette dose maximale était garantie par de très rares effets indésirables sérieux lorsqu'il est utilisé à la posologie recommandée. La quantité prise à chaque fois ne doit pas dépasser le gramme et doit être renouvelée toutes les 4 heures minimum. Cette posologie avait été définie suite à des essais cliniques réguliers en phase I II et III auxquels ont participé des centaines de milliers de personnes. Après l’autorisation de commercialisation en 1955, des centaines de millions de personnes ont ensuite absorbé du paracétamol aux doses recommandées avant que sa dose journalière ne soit récemment réduite. Des contrôles en phase IV ont révélé que le risque hépatotoxique n’avait pas été suffisamment apprécié. Il est maintenant admis que la dose maximale ne doit pas dépasser 3 g/j.


La  phénylpropanolamine est un vasoconstricteur présent dans une spécialité retirée du marché en 2006 vendu sous l’appellation commerciale de Rinutan, et il était prescrit pour le traitement symptomatique du rhume. Ce médicament a aussi fait l’objet de tous les essais cliniques en phase I II et III avant qu’il ne soit autorisé à être mis sur le marché. En phase IV, les résultats d'une étude cas témoins ont permis de conclure à une forte présomption d'association entre l'utilisation de cette molécule et la survenue d'accidents hémorragiques cérébraux aux doses usuelles.


Ces exemples montrent une nouvelle fois le danger potentiel des substances médicamenteuses qui n’ont pas fait l’objet de tous les essais cliniques nécessaires avant leur introduction sur le marché même si elles sont présentées comme des produits « naturels » connus depuis longtemps. Il est important de savoir qu’aucun médicament n’est totalement dépourvu de risques. Il suffit de consulter les pages du Vidal pour s’en rendre compte. Pas moins de 128 000 personnes sont hospitalisées chaque année suite à la prise de médicaments avec pour conséquence 8000 à 12000 victimes par an.


                                                                                                                               


Suite à la publication de notre enquête sur les activités de l’ADRHE, son site internet est inaccessible. Un message précise qu’il est en cours de restructuration.

Avec la Ligue Nationale contre le Cancer, nous avons saisi la MIVILUDES en mars 2015. Nous avons reçu le 6-8-2015 le courrier suivant de Mme Anne Josso, Secrétaire générale de la MIVILUDES :


Monsieur,

Je souhaite vous apporter quelques précisions quant à la suite donnée à vos courriels du 26 mars dernier concernant une association faisant la promotion de l'aromathérapie en soins de support en oncologie : http://www.adrhe.fr/.

Vous précisiez que les messages et informations diffusés sur ce site Internet étaient ambigus dans la mesure où y étaient évoquées des propriétés thérapeutiques des huiles essentielles telles que la réduction des effets secondaires des chimiothérapies par stimulation des défenses immunitaires voire jusqu'à favoriser l'apoptose des cellules tumorales. Il y était également fait mention sans plus de précision de travaux de recherche avec le CNRS et la faculté de pharmacie de Marseille.

La Mission avait alors saisi l’agence nationale de sécurité du médicament, d’une part et le conseil national de l’ordre des pharmaciens, d’autre part en avril 2015.

Ces institution publique et organisme professionnel n’ont pu mener d’action à l’égard de l’ADRHE en raison de l’inaccessibilité du site, en cours de restructuration depuis lors.

Néanmoins ils resteront vigilants en cas de réactivation du site. Et je vous remercie de votre participation à cet effort d’observation du marché de l’offre de soins et du bien-être bien souvent pollué par des propositions extravagantes qui mettent la santé de nos concitoyens en danger.

Cordialement,

Anne Josso

Secrétaire générale de la MIVILUDES

13 rue Vaneau – 75007 Paris


AFIS Marseille & Provence



1)  Colloque national Corp, culture et cancer. Les pratiques non-conventionnelles dans le cancer : des soins complémentaires ? Jeudi 20 décembre 2012 – Institut Paoli Calmettes Marseille

2) http://www.buronzo.com/Congres-Reponses-et-solutions-aux-maladies-chroniques_a1522.html

3) http://www.filmsdocumentaires.com/films/2485-mes-deux-seins-journal-d-une-guerison

4) http://www.greenhealth.fr/upload/Congres/programme%20phyto%202002.pdf

5) http://www.comitecharte.org/qui-sommes-nous

6) https://www.psiram.com/fr/index.php/Henri_Joyeux

7) http://www.drclareguillemin.ch/

8) http://www.leparisien.fr/marseille-13000/cancer-les-pratiques-non-conventionnelles-pour-ameliorer-la-qualite-de-vie-des-patients-21-12-2012-2425795.php

9) http://ansm.sante.fr/Dossiers/Medicaments-en-acces-direct/Medicaments-en-acces-direct/(offset)/0

10) http://www.eso-pages.com/articles/article-cancer-et-aromatherapie.htm

11) http://www.aromatherapie-huiles-essentielles.com/huile-essentielle-helichryse-italienne/

12) http://naturaurore.over-blog.com/article-l-huile-essentielle-d-immortelle-86411410.html

13) http://www.pipelette.com/sante/medecine-douce/huiles-essentielles/huile-essentielle-helichryse.html

14) http://www.santeonaturel.com/dossier-chimie-des-huiles-essentielles,41.html

15) http://les-herboristes.forumactif.com/t3619-toxicite-de-l-helichryse-ou-herbe-a-curry

16) http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=medecines-alternatives-complementaires-cancer-p3

17) 47e médicale de Lorraine - Faculté de Médecine de Nancy - 19 au 24 nov 2013

18) http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000028911313&categorieLien=id

             19) http://www.gouv.mc/Action-Gouvernementale/Le-Social-et-la-Sante/Actualites/Remise-du-Prix-Albert-1er-de-Monaco-au-professeur-Pierre-Marie-Martin


Monsieur,

 

En ma qualité de Présidente de l’association ADRHE, je me vois contrainte de vous adresser le présent courrier que vous voudrez bien considérer comme un droit de réponse à l’article que vous vous êtes autorisé à écrire en début d’année à propos de notre association, et le publier à la suite du courrier de la secrétaire générale de la MIVILUDES que vous avez ajouté récemment.

Je dois tout d’abord vous confier que lorsque des membres de l’association m’ont informée de la publication de votre article, ma réaction fut très modérée.

J’y notais bien quelques aberrations flagrantes et quelques propos diffamatoires qui auraient pu fonder une action en justice, mais j’ai préféré la carte de l’apaisement, en rappelant à notre conseil d’administration qu’il était assez évident que notre démarche puisse en déranger certains…

J’ai estimé en effet que sous couvert d’une légitimité douteuse, votre article transpirait une absence d’indépendance et un manque de professionnalisme dont aucun lecteur ne serait dupe.

Votre mission de chevalier défenseur de la science me paraissait plutôt comique, voire pathétique.

Je n’avais pas beaucoup de temps à vrai dire, à tenter de contrer ce monologue uniquement à charge, ce qui dans la démarche est franchement déplaisant, mais compréhensible dans un pays où l’on prône la liberté d’expression.

La publication récente d’une lettre de la secrétaire générale de MIVILUDES donne cependant une dimension différente à vos sarcasmes, et m’oblige à quelques développements que vous aurez donc l’obligeance de publier à la suite du courrier de Madame Anne JOSSO, avec la qualification de l’exercice d’un droit de réponse.

Votre article n’est qu’une information à charge de l’existence de notre association, ce qui choque mon esprit de juriste exerçant dans un pays de liberté, le pays des droits de l’homme.

Il serait fastidieux et inutile de reprendre mot pour mot les incohérences contenues dans l’article, au demeurant non signé.

J’aurais nettement préféré que votre appréciation de notre association soit donnée après que vous m’ayez sollicitée, ou après avoir rencontré le Dr Anne-Marie GIRAUD ; Nos coordonnées ne sont pas confidentielles ; et force et de constater que vous avez totalement occulté cette démarche.

Vous avez préféré vous en tenir aux maladresses d’un site internet difficilement mis en place par des profanes, et dont la suspension actuelle n’est que la conséquence de l’incapacité des membres de l’association d’assurer une maintenance permanente.

J’ouvre une parenthèse pour indiquer que notre association n’a aucun salarié et que l’entretien de notre site est rapidement devenu impossible à gérer.

Ce que vous avez voulu puiser dans le site vous suffit cependant pour dénigrer l’association, et de fait, les personnes qui y travaillent bénévolement et y adhèrent ; et vos propos sont intolérables.

Vous présentez l’ADRHE comme un groupe de demeurés suivant aveuglément le Dr GIRAUD que vous désignez comme une sorte de gourou malfaisant, non sans insinuer une arnaque financière.

A ce propos, les données ridicules d’une comptabilité en rien comparable au scandale de l’ARC, sont présentées chaque début d’année à l’occasion d’une AG ouverte à tous.

Les lecteurs conviendront que la méthode visant à jeter le discrédit sur notre petite formation en citant un des plus gros scandales du siècle dernier est déroutante, et montre à quel point vos arguments réels sont inexistants.

Ceci étant, et au-delà de l’absence d’indépendance qui transparait clairement de vos propos, ce qui me choque le plus est sans doute que finalement, vous refusez à chacun la liberté de faire les choix qu’il estime les meilleurs pour sa santé et son bien-être.

On appelle cela être acteur de sa maladie, et vous me permettrez de signaler que votre attitude de soumission aux diktats de ce que vous considérez comme la « bonne science », est actuellement remise en cause par des esprits éveillés notamment par les scandales qui s’enchainent autour de l’industrie pharmaceutique.

Vous manquez le train !  Au surplus, rien de ce que j’ai pu lire sur votre site ne confère à AFIS une quelconque légitimité à ce travail de dénigrement, pas plus la qualité de ses membres dont on ignore qui ils sont et leur niveau d’étude, que les commentaires non documentés sur tout et n’importe quoi qui noircissent vos colonnes.

La méthode consistant à mettre en garde contre les dérives de la « pseudo science » est trop fielleuse pour être crédible ; elle ne repose que sur des affirmations non vérifiées qui sortent tout droit de l’imagination de leur auteur qui en en tellement conscience qu’il ne mentionne même pas son nom.

Vous affichez une soumission totale aux diktats officiels et demeurez hermétiques aux débats actuels qui animent le milieu médical et pharmaceutique.    

Il semble pourtant que les méthodes d’homologation des médicaments soient contestables ; Vous citez maladroitement le paracétamol pour asseoir une thèse largement remise en cause par de nombreuses personnalités et ne parlez nullement du médiator, du motilium, des prothèses mammaires…

Ceci étant, je suis trop peu informée sur ces sujets pour prendre parti, et je ne le souhaite pas ; mais vous ne semblez par avoir intégré le fait que les « consommateurs » de médicaments et de médecine que nous sommes, sont en droit d’avoir des doutes et de se poser des questions quant aux méthodes que vous prônez.

Les affirmations du Pr EVEN dans le dernier EXPRESS sont de nature à nous fragiliser et nous conduisent à nous interroger quant aux conditions de notre suivi de santé.

Dès lors, votre démonstration de mise en garde contre les huiles essentielles par le dénigrement et par leur absence de reconnaissance de l’industrie pharmaceutique des traitements complémentaires, est bien peu crédible.

Votre article, en revanche, illustre parfaitement cet esprit étroit, typiquement français, qui refuse de considérer que la médecine légale traditionnelle pourrait parfaitement s’accommoder d’autres thérapies complémentaires, accompagnatrices des traitements conventionnels, et ce, dans le seul objectif d’améliorer le bien-être des patients.

L’homéopathie, l’aromathérapie entre autres, font partie de ces médecines non pas alternatives, mais complémentaires de la médecine traditionnelle, au seul service du bien-être des patients.

Et j’insiste délibérément sur cet objectif, car notre association a un discours extrêmement modéré en ne préconisant l’accès aux nouvelles médecines qu’en complément des traitements allopathiques traditionnels, pour la gestion exclusive des effets secondaires des traitements lourds, en particulier en cancérologie, là où les traitements habituellement prescrits ont montré leurs limites.

En refusant de considérer notre objectif, vous perdez de vue la liberté de chacun d’avoir recours à des médecins qui ont d’autres propositions à faire, et la générosité de ceux qui, en ayant bénéficié, veulent que le plus grand nombre puisse en profiter.

Alors, je vous remercie d’accorder à tout un chacun la liberté d’avoir accès à un véritable confort de vie pendant sa maladie, sans nausées, sans diarrhées, sans brûlures, sans fatigue démesurée, en gérant tous ces effets par des huiles essentielles prescrites par le Dr GIRAUD, et de l’homéopathie.

L’association ADRHE n’est que la volonté de personnes qui ont pu se rendre compte par elles-mêmes de la réussite de ces thérapies, et ont souhaité partager, diffuser et promouvoir ces traitements, une fois encore pour le bien-être du plus grand nombre.

Cette nouvelle approche du malade par lui-même est dans l’air du temps ; votre mépris, vos médisances et vos propos diffamatoires n’y changeront rien.

Je reste à votre disposition.

Cordialement.

Maître Corinne SIMONI, avocat et présidente de l'ADRHE, nous a fait parvenir le 17-9-2015 au titre du droit de réponse le texte suivant (daté du 16-9-2015) que nous avons accepté de publier. Ce texte nous est parvenu sous la forme d’un fichier PDF et il est ici reproduit dans son intégralité. Au delà du simple droit de réponse, nous publions toujours volontiers les réactions des personnes qui se sentent mises en cause. Dans le cas présent, la lettre de Mme Corinne SIMONI soulève des questions pertinentes quant au système de contrôle des médicaments et du libre choix des patients. Des sujets qui font l'objet de contributions régulières sur les sites de l'AFIS national.